DENI DU BURNOUT ET TABOU : DES PROBLEMES DE FOND

Le burnout au quotidien un sujet tabou ?

TABOU

Tout d'abord, il faut savoir que bien qu'on en parle beaucoup dans les médias, le problème de la souffrance au travail en général et du burnout en particulier est tant sur le fond que sur la forme un sujet extrêmement délicat pour les entreprises.
Logique. Ce sujet pose la question centrale de la responsabilité de ces entreprises par rapport au maintien du bon état de santé de leurs salariés. Or, on constate que les problématiques des salariés sont toujours les mêmes. Elles sont liées à l'incertitude inhérente à leur avenir, à une surcharge importante de travail, à des horaires quasi ininterrompus du fait des nouvelles technologies, à des objectifs intenables, à des délais toujours trop rapides et trop courts, à des cadences inhumaines, à un management autoritaire... On peut alors se poser la question de savoir si l'entreprise n'est pas effectivement responsable de générer un environnement propice au burnout.
Ce que l'on peut constater également, c'est un désaveu dans son ensemble de la population salarié pour le travail tel qu'il est organisé aujourd'hui. Selon une étude de l'institut Gallup de 2014, seulement 11% des personnes prennent du plaisir à aller travailler le matin et sont donc engagées. 61% sont désengagées, et 28% sont "activement désenagées". Ces méthodes de fonctionnement en arrive donc à leur limite, et le coût financier et humain est collossal. Selon les estimations diverses et variées, il représente entre 500 et 1000 milliards d'Euros pour la France.

burn-out_infographie03-01

Alors qu'en est-il vraiment ?
La responsabilité des salariés est évidemment invoquée par les entreprises qui ne veulent pas porter le chapeau. Les raisons avancées sont liées au "faiblesses" de tel ou tel, à la mauvaise organisation de travail, à la susceptibilité, à l'agressivité, au manque d'affirmation... Or ces phénomènes bien connus ne sont en général que des conséquences de pratiques organisationnelles obsolètes qui poussent les personnes à un niveau extrême de stress quotidien dont l'impact sur la santé mentale est presque instantané : perte d'estime de soi, manque de respect et de reconnaissance, mépris, déni de soi...
D'un autre côté, le salarié doit mesurer son intérêt qu'il a a prendre sa situation en main et a agir à son niveau pour se prémunir et repenser son rôle dans l'entreprise où il travaille et dans sa vie en général. Aîe !

le-bonheur-au-travail-ce-n-est-pas-impossible,M200876

Nous sommes tous malgré tout le résultat de nos choix, de nos réussites et de nos échecs. Le burnout est parfois le miroir violent de situations et de problématiques personnelles dont on a souvent absolument pas conscience. Les symptômes d'isolement, de perte de sens, d'horaires extrêmes et les douleurs diverses physiques et morales, d'abattement, de colère et/ou de tristesse sont les premiers signes dont il faudrait avoir à l'esprit avant pour alors comprendre le risque qui peut en découler. Il faut apprendre à écouter les réactions du corps car dans cette histoire, c'est très souvent le seul à ne pas mentir...

Une vidéo très instructive !

 


https://www.youtube.com/watch?v=pfBg5zslakA&feature=youtu.be

Burn out - Prévenir le Burn-out - Prévenir le syndrome d'épuisement professionnel

Beaucoup le considèrent comme le mal professionnel de notre siècle. Et pour cause : à l'heure actuelle, les cas de burn-out, ou syndrome d'épuisement lié au travail, ne cessent de se multiplier. Catherine Vasey, psychologue spécialiste du sujet, nous explique comment les reconnaître, et surtout, s'en prémunir.

http://www.psychologies.com


http://www.psychologies.com/Travail/Souffrance-au-travail/Burn-out/Articles-et-Dossiers/Burn-out-prevenir-l-epuisement-professionnel


20 septembre 2016

Guide de l'affirmation et de la confiance en soi : acquérir les techniques de gestion des émotions

 

IMG_7627

J'ai souhaité aborder autrement l'affirmation de soi à travers ces quelques lignes. De très nombreux sites ou blogs parlent très bien de ce sujet par les trainings en communication, en travaillant les prises de parole en public, par le vidéo training, par le théâtre. J'ai préféré m'intéresser aux causes qu'aux moyens de les traîter. Aussi j'aborderai plus le côté gestion des émotions qui sont la source des déstabilisations que les moyens que sont la synergologie, la maîtrise du langage non-verbal.

Affirmer vient du grec ad-firmo rendre ferme. C'est un mot très fort qui montre à quel point notre façon d'être, de parler et de communiquer génère en son sein des typologies de réactions variées chez les personnes avec lesquelles nous sommes en interraction. Notre image, composée de nos mots, de notre gestuelle et de notre voix est le vrai miroir de qui nous sommes réellement. Nos relations inters-personnelles sont obligatoirement et fortement influencées par elle et je dirai même qu'elle conditionne les réactions des personnes avec lesquelles nous communiquons. Il ne faut pas seulement se fier aux apparences car elles peuvent être trompeuses, mais l'on sait que les attitudes sont de puissants indicateurs de la façon dont nous fonctionnons. Nos attitudes ou nos comportements font intervenir la partie inconsciente du cerveau, elles sont tellement ancrées que cela traduit très puissamment un ensemble de croyances et de valeurs respectables ou non. Cela représente notre façon d'être et de faire qui nous est propre, qui s'est façonnée au travers du parcours de notre vie.

Si s'affirmer ne doit pas vouloir dire écraser, dominer ou détruire cela doit malgré tout traduire un profond ancrage et un fort alignement entre ce que nous pensons, disons et faisons. C'est ainsi que l'on évite les conflits avec soi-même et par conséquent avec les autres. Toute incohérence et décalage est très souvent la seule source de problème. Avec soi d'abord puis avec les autres tout autant. C'est la raison pour laquelle nous devons mettre en avant ce besoin d'être en accord avec nous-mêmes pour avoir un impact précis telle une flêche touchant sa cible, être assertif et inspirer les autres à travers les valeurs suggérées dans notre communication spontanée et naturelle.

Plusieurs situations peuvent s'offrir à nous au quotidien : nous pouvons avoir à nous affirmer en famille, avec nos enfants, nous pouvons avoir à le faire dans le milieu professionnel avec un collègue, un hiérarchique, face à un groupe public ou privé, au sein d'une association, face à un banquier... A chaque fois la situation sera différente, l'enjeu aussi, la pression et le stress également. En fait deux typologies de situation vont conditionner les résulats de notre prestation de communication.

1 - La situation est prévue : nous pouvons nous préparer. Plus l'enjeu sera important plus le résultat escompté sera lié à la préparation. Et malgré cela, les choses peuvent vite tourner au vinaigre si l'on ne sait pas gérer nos émotions. Ce sont elles qui peuvent tout chambouler et réduire à néant le travail de préparation. Il est donc impératif d'acquérir des techniques pour les gérer, surtout si on est sensible ou hyper-sensible.

Que ce soit en famille, ou dans le milieu professionnel, nous sommes dans l'obligation de nous poser un certain nombre de questions relatives au message que l'on veut transmettre, à son objectif, au sens que nous voulons lui donner.

 

IMG_7626

A qui s'adresse t'on ? Pourquoi doit-on le faire ? Quels sont les enjeux ? Comment va t'on transmettre ce message, par écrit, par oral, par vidéo, par mail, par sms ? Les moyens sont nombreux mais chaque moyen correspond plus ou moins à un type d'approche qui ne sera pas adaptée dans un autre contexte, avec une autre personne, un autre enjeu. Quel résultat attendons-nous, attendons-nous une réflexion de la part de la personne, une action, devons-nous utiliser la provocation pour créer une réaction ? Le message doit-il servir à suggérer, à inciter, à diriger, à corriger ?

2 - La situation est impévue : la caractère émotionnel sera tout autant prédominant mais le risque de destabilisation est évidemment beaucoup plus élevé.

Deux enjeux importants : gérer nos émotions et en transmettre. Que ce soit par l'écoute active ou par l'empathie, nous devons impacter positivement l'autre l'autre malgré son humeur, son agressivité, sa colère. 80% des conflits sont facilement traités juste par une simple écoute et un niveau élevé d'empathie. Je m'explique. Vous avez compris que le dénominateur commun N°1 est le caractère émotionnel. Il faut, à travers les émotions que l'on va ressentir et celle(s) que l'on va émettre envoyer un signal fort de confiance pour "toucher"  la ou les personnes en face. Cette 'intelligence du coeur est un moyen profond et puissant d'entrer dans la partie inconsciente de notre audience et ainsi de la marquer de façon durable. Le plus important est de rester crédible quelque soit la situation en amortissant les agressions, critiques, colères de nos interlocuteurs pour les surprendre en inversant le cercle négatif en positif de par notre attitude, notre empathie, notre compréhension globale des enjeux communs, des risques et des conséquences.

Plus nous sommes surpris et décontenancés plus nous perdons en affirmation, en impact et en confiance. Le pire est de réagir spontanément en se laissant submerger par la colère. Il est donc primordial de gérer ces imprévus au mieux pour rester aligné et en phase avec nos valeurs, nos actes, nos réussites comme nos échecs (notion de droit à l'erreur). Nous devons savoir que nous sommes exposés aux critiques, au mépris, à l'agressivité parfois pour mieux gérer ces évènements.

COLERE

Les techniques de gestion des émotions

1 - L'état d'esprit : être vigilant au quotidien pour anticiper afin de déceler les indicateurs de risques dans l'attitude des autres, les changements d'attitude ou d'ambiance, les tensions palpables ;

2 - Le corps : adopter une posture droite mais souple avec la tête haute mais pas supérieure, et le haut du corps également droit ;

3 - La technique de l'esquive : tourné de côté pour laisser les colères et l'agressivité passer sans nous impacter ;

4 - La respiration consciente : inspirer et expirer en étant concentré sur chaque mouvement respiratoire pour éviter la montée d'adrénaline en cas "d'attaque" ;

5 - La cohérence cardiaque : respirez à intervalle régulier sur les inspirs et les expirs :

5 - La fuite : parfois la meilleure solution est d'éviter le conflit quand les sentiments d'injustice et/ ou d'humiliaiton pourraient nous amener à réagir vigoureusement ce qui dessert le plus souvent celui ou celle qui se laisse envahir par sa colère ;

6 - L'amortisseur ou reformulation des messages reçus : consiste à reformuler les dires de nos interlocuteurs afin de lui montrer notre niveau d'engagement, d'écoute et de compréhension des problématiques, car c'est surtout d'être reconnu dans sa demande et dans sa position que souhaite la majorité des demandeurs. Laisser passer la vague de colère pour mieux rebondir et montrer qu'à travers notre empathie, nous reconnaissons réellement l'importance qu'accorde notre interlocuteur à notre attitude.

Quand on parle d'affirmation ou de confiance en soi il faut avoir à l'esprit que l'on peut tout à fait avoir confiance en soi en général et puis de manière totalement subjective, un impondérable se produit, un changement de poste ou de N+1, une réorganisation, un licenciement et là peuvent s'opérer des réactions tout autant imprévues qui vons nous mettre en perte totale d'affirmation et de confiance. Pour résumer, je dirai qu'il faut être à l'écoute de soi pour mieux nous connaitre, pour mieux nous appréhender au quotidie et ainsi relativiser les évènements pour moins les subir. Tout excès de confiance peut aussi être une protection pour cacher une problèmatique profonde non consciente. Alors écouter votre corps et vos sentiments vous permettra souvent de faire de grands pas !

J'ai apprécié cet article

Je soutiens l'auteur





J'adore ce que vous faîtes : continuez !



 

16 avril 2016

Souffrance au travail : le burnout partie "émergée" de l'iceberg !

 

6a00e54fef79628834017c34bdb69a970b-800wi

 

1ère cause du burnout : la souffrance au travail

La prise de conscience 1er enjeu ?

Le seul vrai enjeu humain pour la société et les entreprises c'est vraiment de limiter le nombre de cas.

C'est surtout, et j'insiste là-dessus, d'accompagner la prise de conscience de tout ceux qui sont dans le déni ou le non-dit afin qu'ils réalisent à quel point leur situation est précaire et à quel point le basculement vers le burnout peut-être est brutal. Il me semble que c'est le plus gros combat à mener parce qu'en anticipant et en prévenant on agit réellement à  la racine du problème.

Nous connaissons bien les causes et elles sont multiples : surcharge de travail, horaires extrêmes, isolement, résultats inatteignables, management inexistant autoritaire et/ou toxique.
Nous connaissons bien les symptômes et ils le sont tout autant : colères, agressivité, incivilité, irascibilité, abattement, procrastination, fuite... 
Nous connaissons ce que produit le stress qui exacerbe les tensions internes, les douleurs et le niveau de fatigue, qui produit surtout le cortisol qui sape et détruit notre système immunitaire.
L'équilibre, la force et l'énergie de certains les protègera plus ou moins longtemps, la faiblesse des autres les entrainera rapidement dans l'impasse.

 

TABOU

 

Déni & taboo : le coktail explosif !
Pourquoi il y a déni ? Parce qu'il y a une culture ancrée du tabou.
Reconnaître et déceler la période de "pré-burnout" est déterminante. Les symptômes sont simples et évidents. Ils ne doivent ni être pris à la légère ni être tabou. Bien qu'il ne faille pas tomber dans la psychose et faire très attention à la facilité pour certains d'utiliser la souffrance au travail comme une arme face à l'entreprise, il faut avoir beaucoup de courage et garder les yeux grands ouverts. La souffrance au travail est très répandue et très fréquente du fait du phénomène du stress interprété souvent comme positif.

Il n'existe pas de stress positif. Le stress est un fléau réel et insidieux qui ruine nos états émotionnels, mentaux, psychiques, physiques. Le constat le plus représentatif de ce phénomène est le commentaire que m'a laissé une consultante en RPS en mission dans une boîte qui m'a précisé que lors d'une session de formation à la prévention, un des managers en réponse à ce commentaire peu glorieux d'un collègue : "nous vivons tous avec du stress et un peu de stress n'a jamais tué personne" a répondu que pour combattre la banalisation de ce mot "stress" dans les entreprises et amener les gens à comprendre que c'est un véritable fléau, il serait intéressant de le remplacer par une maladie qui parle, hélas, à tout le monde : le cancer.
En reprenant la même phrase, cela donnerait ceci : "nous vivons tous avec un cancer et un peu de cancer n'a jamais tué personne".
C'est pour toutes ces personnes en souffrance qu'il faut avant tout agir. C'est très compliqué car ce fameux tabou de la souffrance au travail est une réalité bien claire : les gens ne veulent pas l'exprimer pour tout un tas de raisons évidents :
  1. peur du chômage,
  2. peur du regard des autres (peur de paraître idiot nul faible),
  3. peur de se rabaisser soi-même (travail au niveau de l'égo à mener),
  4. peur de devenir une personne "à abattre" qui lève le voile sur tout un tas de pratiques...

chemin perso

 

Le burnout point de départ pour se révéler à soi-même ?

Le burnout est en fait la révélation extérieure de nos souffrances intérieures. L'intensité, la fréquence et l'extrémité de cette souffrance inavouable pour nous-mêmes et pour les autres eplosera loqiquement au sein d'un environnement inadapté et décalé pour soi. Il sera exacerbé par un management agressif, par une conjoncture d'entreprise extrêmement concurrentielle en interne comme en externe où tout les coups seront cachés mais permis : Hypocrisie, jalousie, violence verbale comportementale, performance jusque boutiste, humiliation...

Ceci étant, toute réaction de colère, d'abattement ou de fuite est révélatrice de notre peur de nous-mêmes, de nos excès, de nos déséquilibres enfouis, de nos souffrances intérieures cachées et inavouées, de nos combats inutiles pour Etre au yeux des autres et non aux nôtres.

La multiplication des cas de burnout est très intéressante avant tout sur le fond car il pose les vraies questions pour la personne et l'organisation.

 

Du burn-out professionnel à l'intelligence intérieure - Guibert Del Marmol (séquences intéressantes pour les pressé(e)s : 1,40 Mn - 4,50 Mn 10,30 Mn - 11,15 - 18,30 Mn - 21Mn

Ce qui importe le plus pour conclure

1° La prise de conscience conjointe de toutes les parties prenantes :
- Du manque à gagner en terme de santé pour les individus, en terme financier pour les entreprises
- De la reconnaissance et de la prise en compte de ce phénomène tabou pour mieux communiquer aider et accompagner
- De tout ce qui a permis au burnout de finalement se produire : tout ce temps qui s'est écoulé sans qu'aucune action n'ait été entreprise

2° La mesure et la compréhension des causes pour montrer à tous que l'organisation est concerné

3° L'après burnout pour mettre en place les actions thérapeutiques adéquates et les moyens de retour à la vie, active et à l'emploi.

Pour finir, le burnout pourrait-être considéré et abordé avant tout comme un moyen de se révéler à soi-même. C'est alors le départ d'une nouvelle vie.